Des taches de rousseur dessinées une à une, juste assez pour donner un air de fin d’été toute l’année : la tendance des « freckles » tatouées a désormais ses spécialistes en France. À Saint-Étienne, Le Progrès raconte ce vendredi le parcours d’Amandine Blaché, qui a quitté le droit pour en faire son métier. L’occasion de regarder de plus près cette pratique, et les règles qui l’encadrent.
Plan de l'article
Du droit aux taches de rousseur #
Rien ne prédestinait Amandine Blaché à ce métier, souligne le quotidien. Titulaire d’une licence de droit obtenue à la Sorbonne, elle s’est vite éloignée des matières juridiques. Elle a d’abord travaillé dans la restauration, puis comme chargée de communication, avant de lancer une entreprise de création de sites web.
Le déclic est venu avec la crise sanitaire. « La Covid m’a donné envie de changer de vie », confie-t-elle au Progrès. Elle était déjà cliente d’un salon spécialisé dans les taches de rousseur, et a saisi l’occasion de se former à son tour auprès d’un studio du secteur. Aujourd’hui, elle vit de cette spécialité qu’elle décrit elle-même comme un métier atypique.
Le tatouage de freckles, c’est quoi exactement ? #
Le principe est simple : déposer de petits points de pigment sur le nez, les pommettes ou le haut des joues pour imiter des taches de rousseur naturelles. Contrairement à un tatouage classique, le but n’est pas qu’on le remarque comme un dessin. Il doit se fondre dans la peau et passer pour un trait naturel du visage.
Ce rendu dépend beaucoup de la main de la personne qui pique. Des taches toutes identiques, alignées ou trop foncées trahissent tout de suite l’artifice. Les meilleurs résultats jouent sur des tailles et des teintes légèrement différentes, avec une densité qui varie selon les zones du visage.
Avant de se lancer : vérifier que le pro est déclaré #
Taches de rousseur ou grand motif sur le bras, la réglementation est la même. Selon l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, le code de la santé publique oblige les professionnels du tatouage, maquillage permanent compris, et du perçage à déclarer leur activité auprès de l’ARS. Cette déclaration est obligatoire pour exercer.
Elle s’accompagne d’une formation préalable aux règles d’hygiène et de salubrité, dispensée par des organismes habilités. La déclaration vaut pour un local donné et doit être refaite en cas de déménagement. Pour les activités ponctuelles, comme une convention, c’est l’organisateur ou l’exploitant des lieux qui déclare.
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Un réflexe simple : la liste en ligne
L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes publie la liste des tatoueurs, perceurs et maquilleurs permanents qui ont déclaré leur activité et fourni leur attestation de formation. Seuls ceux qui ont donné leur accord y apparaissent, donc une absence ne prouve pas à elle seule une irrégularité. Mais rien ne vous empêche de demander directement au salon son récépissé de déclaration et son attestation de formation. Un professionnel sérieux vous les montrera sans difficulté.
Des encres encadrées au niveau européen #
Les pigments utilisés ne sont pas non plus laissés au hasard. Depuis janvier 2022, l’Union européenne restreint, dans le cadre du règlement REACH, de nombreuses substances dangereuses présentes dans les encres de tatouage et de maquillage permanent, explique l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Le but affiché n’est pas d’interdire le tatouage, mais de rendre les couleurs plus sûres.
Concrètement, vous pouvez demander à voir le flacon utilisé. Les encres conformes doivent porter un étiquetage spécifique, avec notamment la mention qu’il s’agit d’un mélange destiné au tatouage ou au maquillage permanent, un numéro de lot et la liste des ingrédients.
Nos conseils si vous êtes tenté #
Commencez par regarder le travail du salon sur des visages, pas seulement sur des photos retouchées. Demandez des clichés pris quelques semaines après la séance, une fois la peau cicatrisée. Prenez le temps d’un premier rendez-vous de conseil pour choisir l’emplacement et la densité. Et si vous hésitez encore, testez d’abord le rendu au crayon pendant quelques jours : c’est gratuit, et ça vous dira si vous aimez vraiment vous voir avec des taches de rousseur.
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Le parcours d’Amandine Blaché montre en tout cas que ces petites retouches discrètes sont devenues un vrai métier. Pour le client, la règle reste la même que pour n’importe quel tatouage : on choisit la personne avant le motif.




